traversee24 décembre 2019transat10 photos
Transat 2019
Une nouvelle transat pour l’équipage de Moussespic. Au départ d’El Hierro, nous avons bien rigolé en discutant avec quelques équipages, constatant que les mousses du bord étaient parmi les équipiers les plus expérimentés, avec déjà deux transats à leur actif. Pour autant, si nous partons avec une bonne idée de ce qui nous attend, traverser l’Atlantique n’est pas une navigation anodine. Il faut soigner l’avitaillement, bien vérifier le bateau, penser à tout. Pas de magasin, de pharmacie ou de shipchandler sur la route !
Le départ est prévu le 01/12. Malheureusement, la vérification du gréement révèle que l’un des haubans (les câbles qui tiennent le mât) est abîmé. Il faut le remplacer, et bien entendu il n’y a pas de gréeur à El Hierro ! Nous prenons contact avec Thomas (Thomas, Butterfly marine +34 626 38 64 63) à San Miguel, avec comme idée initiale de remonter avec Moussespic sur Ténérife. Une navigation contre le vent entre les îles des Canaries, autant vous dire que l’on appréhendait ces quelques miles.
La venue de Jacques, grand manitou du trismus, change la donne. Grâce à son aide, nous démontons le hauban abîmé. Le rendez-vous est pris avec Thomas, et me voilà à 4H du matin dans le ferry à destination de Ténérife, après une soirée bien arrosée avec les équipages de Pen Khaled et Yvou, après une petite sieste d’à peine 2 heures. L’opération commando se passe à merveille grâce au concours d’Anne (encore un grand merci Anne), qui me prête sa voiture pour la journée. Le soir à 22H je suis de retour avec une paire de haubans tout neufs ! Jacques (un grand merci aussi) passe m’aider à remettre tout cela en place et à régler le mât. Les pleins sont faits, la cambuse déborde, le 8 décembre à 17H nous voilà partis, cap à l’ouest !
Ces 8 jours de retard sur le programme ont changé la donne. Si la météo semble favorable, nous savons aussi qu’il ne va pas falloir traîner en route pour espérer toucher terre pour Noël et fêter cela dignement avec Les Kalo et l’Utopiste. A dire vrai, Manu et moi partons avec le secret espoir d’arriver dans les temps, en sachant que ce n’est pas gagné, et en clamant haut et fort aux enfants que ce n’est pas possible pour éviter toute déception.
Une fois de plus notre Moussespic va nous épater, et nous démontrer toutes les qualités d’un Trismus au portant. Sous génois tangonné et trinquette bordée en bout de bôme, tiré par le nez et bien calé sur la route grâce à sa dérive arrière, notre fier navire file à plus de 7 nœuds, enchaînant les journées à plus de 160 nautiques par 24H, sans forcer, avec aisance et facilité. Nous vivons cette transat au rythme du compte à rebours de Noël. Plus nous approchons du but, plus ce qui paraissait inatteignable devient réaliste. D’autant plus que la météo devient plus précise, que l’alizé est bien en place et que, chaque jour, nous tenons une moyenne supérieure à ce qu’il nous faut pour arriver à temps pour l’apéro.
Le 24 décembre, Camille annonce la terre à 8H. A 12H nous entrons dans Pirate Bay. Les copains viennent à notre rencontre, la corne de brume résonne. L’ancre tombe. Moussespic s’immobilise après 16 jours et 22H. Nous avons parcouru les 2600 miles depuis El Hierro à la vitesse de 6.4 noeuds. Encore mieux que notre première transat (lien).
Contrat rempli, ce soir nous dégusterons notre foie gras en bonne compagnie !

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